Je veux revoir Chamonix et ses monts enneigés… l’image qui devient de plus en plus floue avec le temps, d’un sommet recouvert d’une majestueuse couche blanche, juste au dessus de moi. Nous sommes en juillet 1998 et nous nous apprêtons à monter sur scène. Derrière ce mont, des nuages menaçants…et le voila tout doucement happé par la brume, pour disparaitre sous le manteau de la nuit.
Je me souviens des nuits d’été à la Clé des Champs. Je revois le tourniquet où je n’avais presque jamais le droit d’aller…et pourtant la tête m’en tourne encore. Les grillons chantent, la nuit est douce. L’odeur du tabac mêlée à celle de la cuisine de grand-mère. Le tic-tac de l’horloge déclenche en moi une peur étrange. Qu’arrive t-il aux rêveurs ?
Un bateau en partance pour la Corse. Des étoiles plein le ciel et de l’espoir plein le cœur. Le navire fend la mer pendant qu’allongée à l’avant de l’appareil, je laisse vaquer mon imagination.
Une musique, un samedi soir. Des samedis soirs angoissants, mais pas autant que les dimanches. Des étoiles sur mon plafond et dans ma tête, et me voila propulsée vers un ailleurs plus brillant dont la seule limite est mon imagination.
A l’école primaire, il fait très gris. Un temps de novembre, la pluie et le vent battent contre les fenêtres. Les lumières de la classe sont allumées, faisant ressortir avec une clarté singulière la couleur de mes ciseaux en plastique.
Cela s’est-il vraiment passé ? Encore la montagne, peu avant le coucher de soleil. Une cabane en bois. Des articles touristiques trop chers. Le soleil a une teinte étrange, et la brume environnante me rappelle la belle Écosse. La fraicheur de l’air contraste avec le mois d’été pendant lequel se déroule cette scène.
Toujours quand j’y repense, un sentiment de bien-être lié à celui de la peur. Pourquoi ces souvenirs précis ? Pourquoi se bousculent-ils dans me tête en ce soir d’insomnie et me harcèlent au point que je n’ai d’autre choix que de les coucher sur du papier ? Il y’a quelques années, j’avais écrit à quoi ressemblerait ma vie à 25 ans. Aujourd’hui, rien de tout ce que j’ai écrit n’est encore arrivé. Quoique…mon père est sans doute plus heureux aujourd’hui qu’il ne l’était sur terre. Mon destin me mène vers des chemins inattendus. J’espère ne jamais avoir à regretter mes choix. La force de dire oui. Le courage de respecter ses engagements. Le bonheur d’être en accord avec soi-même.
Dimanche soir, Marseille endormie. Le vent souffle fort et la lune se reflète sur la mer. On pense à lundi. Qu’il est difficile d’attaquer une nouvelle semaine. Le temps passe, mais certaines peurs subsistent a jamais.



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