vendredi 20 mars 2009

Un peu perdue dans ce monde de fou

En ce moment, c’est la misère partout. La rareté des offres d’emploi sur les sites que je consulte chaque jour n’a d’égal que le nombre de fois que je m’autorise un petit écart pour m’acheter un truc sympa et égoïste (c'est-à-dire quasiment jamais). La pression sur le dos des travailleurs est décuplée, surtout dans ce pays lointain ou j’habite aujourd’hui, ou la notion de syndicat et de « droits des travailleurs » est perçue comme loufoque, risible et ce même par les classes les moins élevées de la société.

Apparemment en France c’est pareil. J’ai vu que jeudi 19 fut marquée par une grève générale suivie dans tout le pays. Je ne sais pas quels seront les effets, mais bon ca ne coute rien d’essayer. Honnêtement, je ne pense pas que la solution repose uniquement sur l’augmentation de nos salaires ou des aides de l’état. Attention, je suis absolument pour le partage des richesses et des ressources, je n’en serais jamais arrivée ou j'en suis sans cela. Alors oui, il est révoltant et choquant ce système, ces parachutes dorés que les PDG de multinationales encaissent sans vraiment les mériter. Cependant les gens qui profitent et abusent du système, ca aussi ca me révolte et me choque. D'un coté j'ai envie de dire qu'il faut parfois arrêter de se plaindre et qu'il faut accepter les réalites de la vie et y faire face de facon responsable. D'un autre coté, je trouve ca dégeulasse que les gens perdent leurs emplois et je bénis l'état francais qui au moins est la pour leur tendre la main. En fait je crois que ce qui me révolte le plus c'est qu'on est souvent les premiers a se plaindre, alors que c'est nous qui en avons le plus. Et ca, j'ai de plus en plus de mal a le comprendre.

Bon tout ca pour dire que j’ai plus de tunes et pas de travail. En tant que demandeur de carte de séjour, je suis encore en attente de mon autorisation de travailler, et je dois remplir dans le même temps plein de papiers, payer plein de frais (administratifs et médicaux), qui me coutent les yeux de la tête. Je me demande quand est-ce que ma situation va s’améliorer… En attendant je m’octroie quelques plaisirs de la chair, de la table et de la garde-robe, en utilisant les cartes cadeaux que le papa Noel m’a apporte. Ma dernière trouvaille : Un coffret complet de produits de beauté Estée Lauder, en supra-giga solde. Oui je sais, c’est superficiel et peut être pathétique mais en tous les cas ca nourrit bien ma peau.

Je ne sais pas pour vous mais j’avance toujours sous le poids de la culpabilité. Je pense aux enfants qui meurt de faim dans le monde, a la pauvreté qui fait rage, aux guerres et aux maladies et je me dis « merde mais, arrête avec ton coffret Estée Lauder ». Je ne sais pas comment les autres vivent avec ca. J’ai l’impression d’être entourée de gens extraordinaires qui font plein de choses pour leur prochain, qui s’impliquent dans des actions humanitaires et tout. Du coup ca me fait me demander si je suis quelqu’un de bien car moi j’ai le droit d’avoir un toit sur ma tête, de la bouffe dans mon frigo, et des produits de beauté qui servent a rien. Pourtant les temps sont durs ici aussi je vous promets.

jeudi 19 mars 2009

Juste pour ne pas oublier

Je veux revoir Chamonix et ses monts enneigés… l’image qui devient de plus en plus floue avec le temps, d’un sommet recouvert d’une majestueuse couche blanche, juste au dessus de moi. Nous sommes en juillet 1998 et nous nous apprêtons à monter sur scène. Derrière ce mont, des nuages menaçants…et le voila tout doucement happé par la brume, pour disparaitre sous le manteau de la nuit.

Je me souviens des nuits d’été à la Clé des Champs. Je revois le tourniquet où je n’avais presque jamais le droit d’aller…et pourtant la tête m’en tourne encore. Les grillons chantent, la nuit est douce. L’odeur du tabac mêlée à celle de la cuisine de grand-mère. Le tic-tac de l’horloge déclenche en moi une peur étrange. Qu’arrive t-il aux rêveurs ?

Un bateau en partance pour la Corse. Des étoiles plein le ciel et de l’espoir plein le cœur. Le navire fend la mer pendant qu’allongée à l’avant de l’appareil, je laisse vaquer mon imagination.

Une musique, un samedi soir. Des samedis soirs angoissants, mais pas autant que les dimanches. Des étoiles sur mon plafond et dans ma tête, et me voila propulsée vers un ailleurs plus brillant dont la seule limite est mon imagination.

A l’école primaire, il fait très gris. Un temps de novembre, la pluie et le vent battent contre les fenêtres. Les lumières de la classe sont allumées, faisant ressortir avec une clarté singulière la couleur de mes ciseaux en plastique.

Cela s’est-il vraiment passé ? Encore la montagne, peu avant le coucher de soleil. Une cabane en bois. Des articles touristiques trop chers. Le soleil a une teinte étrange, et la brume environnante me rappelle la belle Écosse. La fraicheur de l’air contraste avec le mois d’été pendant lequel se déroule cette scène.

Toujours quand j’y repense, un sentiment de bien-être lié à celui de la peur. Pourquoi ces souvenirs précis ? Pourquoi se bousculent-ils dans me tête en ce soir d’insomnie et me harcèlent au point que je n’ai d’autre choix que de les coucher sur du papier ? Il y’a quelques années, j’avais écrit à quoi ressemblerait ma vie à 25 ans. Aujourd’hui, rien de tout ce que j’ai écrit n’est encore arrivé. Quoique…mon père est sans doute plus heureux aujourd’hui qu’il ne l’était sur terre. Mon destin me mène vers des chemins inattendus. J’espère ne jamais avoir à regretter mes choix. La force de dire oui. Le courage de respecter ses engagements. Le bonheur d’être en accord avec soi-même.

Dimanche soir, Marseille endormie. Le vent souffle fort et la lune se reflète sur la mer. On pense à lundi. Qu’il est difficile d’attaquer une nouvelle semaine. Le temps passe, mais certaines peurs subsistent a jamais.

Le vent souffle encore sur ma chère Provence et je suis en face d’une chapelle près d’Arles. Non loin de la, une forêt s’étend, alors que la lune, ronde et à son zénith, m’évoque les contes d’Alphonse Daudet.