lundi 21 septembre 2009
A la faveur de l'automne
Je sais que pour beaucoup de monde, l'automne est synonyme de mélancolie, sûrement dû à la grisaille et au froid qui accompagnent les derniers mois de l'année. Pourtant il fut un temps, l'automne était ma saison préférée. Les chaudes couleurs des arbres, les jours qui se raccourcissent faisant place plus tôt à un ciel de cristal, où la lueur des étoiles perce la fraicheur de la nuit.
Rapidement, de nombreux souvenir refont surface. Les premiers sont tristes. Septembre c'est le mois de la terre. La mise en terre. Je n'oublierai jamais ce 23 septembre 2003 où la vie m'a rappelé que la folie est parfois plus forte que la raison. J'espère qu'aujourd'hui tu es plus heureux là où tu es, papa.
Octobre, c'est le mois de l'eau. Des trombes d'eau qui s'abattent sur le paysage provençal. Je me souviens avoir contemplé tellement de fois ces pluies diluviennes depuis ma fenêtre. Et qu'est ce que j'aimais ça... Octobre c'est aussi la célébration d'Halloween... des soirées entre amis dont je garderai pour toujours un tendre souvenir.
Je garde peu de souvenirs du mois de novembre. Je me souviens de la fraicheur de l'air, des après-midi dans les collines à chercher de la mousse pour la crèche de Noël ou à la recherche de champignon. Novembre c'est aussi la famille, et les anniversaires que l'on célébrait tous ensemble avant mon départ pour l'Amérique.
En réalité, je ne sais pas trop ce qui me cause tant de tristesse en ce dernier jour d'été. Ca a surement à voir avec tout ce que je sais que je vais manquer cet automne en n'étant pas en France. C'est la première fois que je vais être aux États-Unis pendant cette période, et si pendant les mois d'été je suis arrivée à ne pas trop penser à tout ce que j'ai laissé derrière, l'automne me rappelle que tout à une fin et cette pensée m'angoisse.
Hier soir, mon piercing au nez est tombé pendant que je prenais ma douche et a filé directement dans les égouts de Washington. C'est vraiment bête à dire je sais, mais cela m'a brisé le cœur. J'ai l'impression que c'était une des dernières choses qui me reliait en mon adolescence, à mes heures passées dans ma chambre à écouter la pluie tomber, à chanter, à rêver, à pleurer parfois. Avec lui, je me sentais un peu différente, c'était l'incarnation de mon petit côté "rebelle" --si on peut appeller ça comme ça... :) J'ai beaucoup réfléchis, et j'ai décidé de ne pas chercher à le remplacer. Ce n'est facile mais je crois qu'il faut que j'arrête de me raccrocher à des choses qui n'existent plus.
Il est important que j'essaie d'apprécier les moments qui me sont offerts, sans constamment regretter ce que j'ai perdu. J'ai travaillé trop dur pour en arriver là où je suis aujourd'hui...
"Aux plus importantes croisées des chemins de notre vie, il n'y a pas de signalisation" - Hemingway
jeudi 16 avril 2009
Couchers de soleil
On a de la chance, là ou nous sommes situés nous avons droit tous les soirs à de magnifique couchers de soleil. Je me souviens de celui-ci au mois de février dernier. Le ciel rempli de couleurs alors que je trempe mes lèvres dans mon verre de vin blanc, sous fond de musique classique. Clair de Lune, Debussy. Evidemment.
Nous sommes le 16 avril et dans 11 jours j'ai 24 ans. Quasiment le quart d'un siècle et pourtant je sais toujours pas trop ce que je fous ici. Mais dans l'ensemble quand même une bonne journée, le soleil a brillé, les oiseaux ont chanté, et aujourd'hui je n'ai pas pleuré.
Vivement que Paul rentre du travail, il commence à se faire tard et Dieu sait que je n'aime pas être seule à la maison après la tombée de la nuit.
vendredi 20 mars 2009
Un peu perdue dans ce monde de fou
Apparemment en France c’est pareil. J’ai vu que jeudi 19 fut marquée par une grève générale suivie dans tout le pays. Je ne sais pas quels seront les effets, mais bon ca ne coute rien d’essayer. Honnêtement, je ne pense pas que la solution repose uniquement sur l’augmentation de nos salaires ou des aides de l’état. Attention, je suis absolument pour le partage des richesses et des ressources, je n’en serais jamais arrivée ou j'en suis sans cela. Alors oui, il est révoltant et choquant ce système, ces parachutes dorés que les PDG de multinationales encaissent sans vraiment les mériter. Cependant les gens qui profitent et abusent du système, ca aussi ca me révolte et me choque. D'un coté j'ai envie de dire qu'il faut parfois arrêter de se plaindre et qu'il faut accepter les réalites de la vie et y faire face de facon responsable. D'un autre coté, je trouve ca dégeulasse que les gens perdent leurs emplois et je bénis l'état francais qui au moins est la pour leur tendre la main. En fait je crois que ce qui me révolte le plus c'est qu'on est souvent les premiers a se plaindre, alors que c'est nous qui en avons le plus. Et ca, j'ai de plus en plus de mal a le comprendre.
Bon tout ca pour dire que j’ai plus de tunes et pas de travail. En tant que demandeur de carte de séjour, je suis encore en attente de mon autorisation de travailler, et je dois remplir dans le même temps plein de papiers, payer plein de frais (administratifs et médicaux), qui me coutent les yeux de la tête. Je me demande quand est-ce que ma situation va s’améliorer… En attendant je m’octroie quelques plaisirs de la chair, de la table et de la garde-robe, en utilisant les cartes cadeaux que le papa Noel m’a apporte. Ma dernière trouvaille : Un coffret complet de produits de beauté Estée Lauder, en supra-giga solde. Oui je sais, c’est superficiel et peut être pathétique mais en tous les cas ca nourrit bien ma peau.
jeudi 19 mars 2009
Juste pour ne pas oublier
Je veux revoir Chamonix et ses monts enneigés… l’image qui devient de plus en plus floue avec le temps, d’un sommet recouvert d’une majestueuse couche blanche, juste au dessus de moi. Nous sommes en juillet 1998 et nous nous apprêtons à monter sur scène. Derrière ce mont, des nuages menaçants…et le voila tout doucement happé par la brume, pour disparaitre sous le manteau de la nuit.
Je me souviens des nuits d’été à la Clé des Champs. Je revois le tourniquet où je n’avais presque jamais le droit d’aller…et pourtant la tête m’en tourne encore. Les grillons chantent, la nuit est douce. L’odeur du tabac mêlée à celle de la cuisine de grand-mère. Le tic-tac de l’horloge déclenche en moi une peur étrange. Qu’arrive t-il aux rêveurs ?
Un bateau en partance pour la Corse. Des étoiles plein le ciel et de l’espoir plein le cœur. Le navire fend la mer pendant qu’allongée à l’avant de l’appareil, je laisse vaquer mon imagination.
Une musique, un samedi soir. Des samedis soirs angoissants, mais pas autant que les dimanches. Des étoiles sur mon plafond et dans ma tête, et me voila propulsée vers un ailleurs plus brillant dont la seule limite est mon imagination.
A l’école primaire, il fait très gris. Un temps de novembre, la pluie et le vent battent contre les fenêtres. Les lumières de la classe sont allumées, faisant ressortir avec une clarté singulière la couleur de mes ciseaux en plastique.
Cela s’est-il vraiment passé ? Encore la montagne, peu avant le coucher de soleil. Une cabane en bois. Des articles touristiques trop chers. Le soleil a une teinte étrange, et la brume environnante me rappelle la belle Écosse. La fraicheur de l’air contraste avec le mois d’été pendant lequel se déroule cette scène.
Toujours quand j’y repense, un sentiment de bien-être lié à celui de la peur. Pourquoi ces souvenirs précis ? Pourquoi se bousculent-ils dans me tête en ce soir d’insomnie et me harcèlent au point que je n’ai d’autre choix que de les coucher sur du papier ? Il y’a quelques années, j’avais écrit à quoi ressemblerait ma vie à 25 ans. Aujourd’hui, rien de tout ce que j’ai écrit n’est encore arrivé. Quoique…mon père est sans doute plus heureux aujourd’hui qu’il ne l’était sur terre. Mon destin me mène vers des chemins inattendus. J’espère ne jamais avoir à regretter mes choix. La force de dire oui. Le courage de respecter ses engagements. Le bonheur d’être en accord avec soi-même.
Dimanche soir, Marseille endormie. Le vent souffle fort et la lune se reflète sur la mer. On pense à lundi. Qu’il est difficile d’attaquer une nouvelle semaine. Le temps passe, mais certaines peurs subsistent a jamais.


